Expo 2020 : Tout ce que vous devez savoir sur le projet de Sao Paulo

Expo 2020 Sao Paulo logo

Les Etats membres du BIE voteront pour l'organisateur d'Expo 2020 la semaine prochaine. Retrouvez ici les éléments marquants du projet de Sao Paulo.

Autorités locales et experts donnent leur vision du projet

Le thème : Puissance de la diversité, Harmonie pour la croissance
Avec ses 70 nationalités, le pouvoir économique et culturel de Sao Paulo provient de sa diversité. Inspiré de sa propre expérience, le projet d'Expo 2020 Sao Paulo met en avant la diversité comme source de développement. La diversité de pensée, de culture et de compétences favorise l'innovation, l'économie créative et le progrès. Le projet d'Expo se donne aussi pour mission d'étudier les conflits et discriminations liés à la diversité en analysant le rôle des politiques publiques, la notion de prospérité et l'importance du dialogue interculturel.

Plus sur le thème : Puissance de la diversité, puissance des idées

Le site : La nature au cœur du projet
Les 500 ha choisis pour le site de l'Expo sont situés dans la région de Pirituba dans le nord-est de Sao Paulo. C'est une zone recouverte d'une forêt luxuriante, de rivières et de lacs. « Il était important de prendre en considération la géographie et la typographie, la culture locale et la dimension sociale de l'expo, ainsi que l'objectif d'accueillir 30 millions de visiteurs » nous dit Ralf Amann architecte et Directeur de GMP Brésil, lors du symposium thématique de la ville en septembre. Tous les espaces ouverts sont conçus comme des parcs publics et les visiteurs passeront sans cesse des pavillons à la nature. La durabilité est un important pilier du projet et de nombreuses synergies seront mises en place pour limiter les risques de gaspillage.

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Un vue du projet de site

Une Expo pour faire de Pirituba un nouveau pôle économique de Sao Paulo
La région de Pirituba, étendue et très peuplée, est mal reliée au centre de Sao Paulo et offre peu d'opportunités pour ses habitants. L'Expo permettrait ainsi de donner un coup d'accélérateur aux projets déjà en cours – à l'instar de la création d'une nouvelle ligne de métro reliant Pirituba au centre-ville ou la création du plus grand centre de congrès de Sao Paulo - et de les inscrire dans un projet plus global. Sao Paulo espère faire de Pirituba un nouveau pôle d'éducation, de tourisme et d'affaires avec des centres éducatifs, des pôles de recherche, des centres de conventions, le plus grand espace vert de la ville ainsi que de nouvelles zones d'habitation, des hôtels et des commerces, importantes sources de revenus et d'emplois pour la population locale.

Le projet de site et la région de Pirituba

Le projet de site et la région de Pirituba

L'Expo, une expression du soft power brésilien
En rassemblant les pays du monde entier sur une plateforme de discussion et d'innovation, une Expo soulignerait la stratégie de coopération internationale développée par le Brésil. Le pays travaille depuis plusieurs années sur d'importants programmes de coopération avec ses voisins et l'Afrique. Avec l'Expo, le Brésil souhaite identifier de nouveaux besoins de coopération. Pour Maria Celina de Azevedo Rodrigues, coordinatrice diplomatique pour Expo Sao Paulo 2020, il est temps de « changer l'équilibre mondial » et de donner une « nouvelle frontière aux Expos » qui ne sont jamais allées en Amérique Latine.

2020 sao paulo projet du site

Projet de site : la tour de l'énergie renouvelable

Plus d'informations : http://www.saopauloexpo2020.com.br/?lang=fr

Expo 2020 Dubaï et la stratégie de développement des EAU

Burj Al Arab revêtu du logo de Expo 2020 Dubai

Le projet d'Expo de Dubaï ne fait pas seulement partie de la stratégie de l'émirat pour continuer à renforcer sa position de hub mondial, c'est aussi une occasion de montrer au monde que Dubaï et les EAU sont en train d'évoluer vers des projets plus « soft ». Selon SE Cheikha Lubna Bint Khalid Al Qasimi – Ministre du Développement et de la Coopération Internationale des EAU – « les Emirats Arabes Unis sont en train de passer de projets d'infrastructures liés au pétrole à des projets liés à l'éducation et l'innovation et Dubaï, de ville carrefour, se transforme en entité multinationale »

Mobilité, durabilité et opportunité, les trois sous-thèmes proposés par le projet Dubaï 2020 pour articuler la discussion sur les partenariats sont l'expression de la stratégie de long-terme de Dubaï. Chaque sous-thème représente un pilier du développement de l'émirat et des projets sont en cours dans les trois domaines.

Il est facile de lier le thème de la mobilité à Dubaï. 57 millions de voyageurs ont transité par l'Aéroport International de Dubaï en 2012. Le port de Jebel Ali est le premier port du Moyen-Orient et le plus gros port de containers entre Rotterdam et Singapour. De nombreux projets sont également en cours tel que l'aéroport International Al Makhtoum qui pourra accueillir 160 millions de passagers. Dû à cette forte connexion de Dubaï au reste du monde, les organisateurs de l'Expo prévoient 70% d'étrangers parmi les visiteurs de l'événement.

« La durabilité fait partie intégrante de la vision stratégique de Dubaï » a annoncé SE Cheikh Nahyan Mubarak al Nahyan, Ministre de la Culture des EAU, durant le colloque sur Dubaï 2020. Avec ses 365 jours de soleil, Dubaï accorde une place de plus en plus importante à l'énergie solaire qui pourrait approvisionner 50 % des besoins en énergie de l'Expo. Le projet qui illustre le mieux l'ambition de Dubaï et des EAU dans les énergies renouvelables est Masdar City, un projet initié par le programme Masdar qui développe des projets durables dans le monde entier. Masdar City est la première ville totalement verte. Située à 17km d'Abu Dhabi, elle devrait pouvoir accueillir à terme 40 000 habitants.

Le troisième sous-thème, "opportunité", est clé pour saisir les enjeux du monde de demain. Pour les organisateurs de l'Expo, il s'agit d'identifier les nouveaux modèles économiques qui émergent de l'innovation. Dubaï a permis l'installation d'investisseurs étrangers dans des domaines tels que la finance, les services, les transports mais aussi le numérique et les média, créant ainsi des pôles d'excellence dans différents points de la ville.

Al Wasl, la place principale du projet de site

Al Wasl, la place principale du projet de site

Le projet du site de l'expo est basé sur ces trois sous-thèmes. Situé près de l'aéroport Al Makhtoum et à mi-chemin entre Dubaï et Abu Dhabi, le site serait facilement accessible pour les habitants de l'EAU mais aussi pour le monde entier. Le site en lui même serait divisé en trois artères, chacune dédiée à un des sous-thèmes. Ces zones thématiques déboucheraient sur al Wasl, la place centrale de l'expo. Les pays participants pourraient ainsi construire leur pavillon dans la zone qui correspond le plus à leur stratégie de développement. Le projet pour les constructions principales est inspirée des souks : les principaux lieux de passages seront couverts par une structure protégeant du soleil et de la chaleur, mélangeant ainsi innovation et tradition orientale.

La durabilité est également au cœur du projet de site, en termes d'énergie, mais également en termes de réutilisation des infrastructures. Le projet est basé sur du design modulaire permettant de démonter certaines structures pour en reconstruire de nouvelles adaptées au développement de la région : un centre de convention qui deviendrait le Dubai Trade Center (projet déjà en cours), un musée sur l'Expo, une université, mais également des immeubles et hôtels.

Connecter les esprits, connecter les solutions

Le thème "Connecter les esprits, Construire le future" promeut à la fois une philosophie de coopération et d'échange et une approche concrète pour chercher de nouvelles solutions aux trois sous-thèmes du projet d'Expo de Dubaï : mobilité, durabilité et opportunité. Le colloque des 22 et 23 septembre a été l'occasion de présenter tous ces aspects.

La salle du colloque de Dubai

Une philosophie

Au cours des dernières décennies, les Expos sont devenues des plateformes d'innovation où les pays peuvent partager leurs idées sur une problématique mondiale, que ce soit l'alimentation à Milan 2015, l'énergie lors d'Astana 2017 ou l'urbanisme à Shanghai 2010. Le projet de Dubaï propose une nouvelle approche. Il ne se concentre pas sur un seul sujet, mais plutôt sur une vision, une façon de penser, qui peut alimenter les projets et stimuler la recherche. « Le projet de Dubaï ouvre le paradigme des Expos » annonçait Pr. Jian Jay Wang durant le colloque.

« Connecter les esprits, Construire le futur », c'est mettre en avant l'importance du partenariat et de l'expérience partagée dans notre monde interconnecté et interdépendant. Selon SE Reem Al Hashimi, « le résultat d'un partenariat est plus fort que la somme de ses parties : les partenariats construisent le monde demain, ils sont source de solutions et de progrès. »

A monde interconnecté, défis interconnectés

Cependant, le projet de Dubaï n'est pas pure théorie. Trois domaines ont été identifiés comme clés pour un développement global : la mobilité, la durabilité et l'opportunité. Pour les organisateurs de l'Expo, l'interdépendance entre ces trois sous-thèmes est telle que ce n'est qu'en les traitant simultanément que l'on peut imaginer de solutions véritablement globales. Le Secrétaire Général du BIE a expliqué cette interdépendance dans son message au public du colloque : « En permettant l'accès aux marchés, on peut faciliter la circulation des biens, des peuples et des idées. En permettant l'accès aux ressources de base comme l'énergie et l'eau, on peut assurer un niveau de vie et d'éducation élevé. Enfin, en facilitant l'accès et le développement des opportunités, on peut développer le capital humain, renforcer l'accès au crédit, à l'épargne et aux investissements pour construire le futur ensemble. »

Le rôle des Expos Universelles

Par nature, les Expos offrent un espace où le monde entier peut échanger des idées et partager des innovations. Se souvenant de sa propre expérience, Pr. Jeffrey Sachs a confié au public du colloque « les Expos ouvrent l'esprit ». « Les Expos regroupent le monde entier en un endroit » ajouta Peggy Liu. « Ce sont des moments de communion globale » conclut Pr. Jian Jay Wang. En offrant un endroit où pays, experts, chercheurs, ONGs, entreprises, la société civile peuvent se retrouver, les Expos sont d'importants outils pour comprendre des problématiques complexes et mener une discussion avec le grand public.

Le colloque de Dubaï, les partenariats sur le devant de la scène

salle symposium

 

Plus de 200 délégués du BIE ont assisté au colloque thématique de Dubaï les 22 et 23 octobre derniers. Pour présenter les contours de son projet d'Expo ainsi que le poids du thème dans l'histoire de Dubaï, les organisateurs ont réunis les plus hautes autorités de l'Emirat et de prestigieux experts internationaux.

SA Sheikh Ahmed Bin Saeed Al Maktoum, SE Sheikh Nahyan Mubarak Al Nahyan, SE Reem Al Hashimy, Prof. Jeffrey Sachs – économiste et Directeur d'UN-SDSN, Tim Clark – Président d'Emirates Airline, Peggy Liu – Présidente de Joint US-China Collaboration on Clean Energy, et bien d'autres, ont partagé leur vision du thème « Connecter les esprits, Construire le futur : Partenariats pour une innovation mondiale et un développement durable ».

Les différents débats du colloque ont permis de dégager un lien intrinsèque entre le thème, les Expos Universelles et Dubaï, donnant lieu à une sorte d'écosystème d'innovation et d'échange.

Pour Dubaï, son thème est une façon de lancer la discussion sur trois grands enjeux mondiaux - la mobilité, la durabilité et les opportunités – sous le prisme du partenariat et de la coopération. Ce thème fait partie de l'ADN de Dubaï. « Le nom d'origine de Dubaï veut dire connexion » nous dit SE Reem Al Hashimy. Depuis que le créateur de Dubaï a impulsé l'urbanisation de la ville il y a quelques dizaines d'années, la petite ville du désert est devenue un hub mondial, symbole de l'innovation et de la prouesse architecturale et technologique attirant investissements et travailleurs de plus de 200 pays. Au jour le jour, c'est la collaboration d'individus venus du monde entier qui fait vivre l'émirat. Le président anglais d'Emirates Airline en est un bel exemple.

Cet esprit de partenariat et d'innovation fait écho à la mission des Expos Universelles. Comme l'a rappelé le message du Secrétaire Général du BIE « Expo 2020 Dubaï, traduit, avec son thème, l'essence même d'une Expo Universelle qui vise à rassembler cultures et expériences différentes. En 2020, ce sera un moteur important pour démêler les complexités de notre monde de plus en plus interdépendant, et nous aider à comprendre comment nous pouvons y contribuer. »

Dubaï clôture la saison des colloques

Une vue de Dubai

Les 22 et 23 octobre, Dubaï organisera son colloque pour l’Expo 2020. Dernière ville candidate à défendre son projet d’Expo, Dubaï rassemblera délégués du BIE, autorités locales et experts pour réfléchir à son thème « Connecter les esprits, Construire le futur » 

Dubaï, nouvel hub mondial des affaires et du tourisme, a choisi un thème qui lui est familier. Avec ses 200 nationalités, ses nombreux investissements étrangers et ses millions de visiteurs mensuels, Dubaï se construit au quotidien sur la collaboration de personnes de pays, de cultures et de religions différentes. 

Avec son thème « Connecter les esprits, Construire le futur » Dubaï souhaite mettre en avant le rôle des partenariats dans l’innovation et le développement durable. C’est ce lien que le colloque va s’attacher à analyser.

Logo Dubai Expo

A travers conférences et workshops, les participants pourront découvrir le thème sous trois angles qui constituent les piliers du projet d’Expo : la préservation et la production durable d’eau et d’énergie, le développement de moyens de transports intelligents, et les multiples opportunités liées à l’émergence de nouveaux modèles économiques.

Après ce colloque, la prochaine étape pour Dubaï et les 3 autre villes candidates, Ekaterinburg, Izmir et Sao Paulo sera le vote du 27 novembre lors de l’Assemblée Générale du BIE. 

Les coulisses de la candidature d’Izmir avec le Gouverneur, le Maire et le Secrétaire Général (vidéo)

logo izmir

 

Nous avons interviewé trois autorités locales durant le symposium d'Izmir :

- Mustafa Toprak, Préfet d'İzmir et Président du Conseil de Direction et Comité exécutif de l'EXPO 2020 Izmir
- Aziz Kocaoğlu, Maire d'Izmir et Membre du Conseil de Direction d'Expo 2020 Izmir
- Dr. Ergüder Can, Secrétaire Général d'Expo 2020 Izmir et de l'Agence de développement d'Izmir

 

 

En résumé :

Selon le préfet M. Toprak, l'Expo serait un outil de rayonnement international puisqu'elle permettrait à la Turquie de partager son expérience dans la santé publique avec le reste du monde et de contribuer à l'agenda de l'ONU pour le développement. L'Expo permettrait également d'accélérer le développement de la ville, nous dit M. Kocaoğlu, puisqu'elle accroitrait le tourisme, améliorerait les transports publics et surtout car elle déboucherait sur la création d'un centre médical international. Dr. Erduger Can explique qu'Izmir est une ville pilote en termes de politiques de santé telles que le médecin traitant qui a été mis en place en 2008.

Expo 2020 Izmir, pour un hub de la santé

Une Expo n'a pas vocation à n'être qu'un événement éphémère. Elle peut, et elle doit, être un tremplin pour le développement de la région. Le projet d'Expo d'Izmir s'inscrit ainsi dans la volonté de la Turquie de partager son expertise médicale avec le monde entier et de faire d'Izmir un nouveau centre mondial de la santé.

Une vue du projet de site_Expo 2020 Izmir

Une vue du site

Des statistiques positives

La Turquie a, depuis plusieurs années, fait d'importants progrès en matière de santé, a annoncé M. Toprak, Gouverneur d'Izmir lors du symposium sur la « Santé pour tous » : l'espérance de vie est passée de 71,4 ans en 2001 à 74,3 ans en 2010, la mortalité infantile a baissé de 28,5 ‰ à 10,1 ‰ entre 2003 et 2010, l'accès aux soins a augmenté de 70% à 90% en 10 ans et le taux de satisfaction pour les soins médicaux est passé de 39% à 76% sur la même période. Ces progrès attirent. Selon Dr. Ruşen Yıldırım, Président du Conseil des Affaires du Tourisme Médical, le nombre de patients venus se faire soigner en Turquie est passé de 75 000 à 200 000 entre 2008 et 2012.

 

L'Expo, amplificateur du rôle de la Turquie dans la santé

Fort de cette expérience, la Turquie développe depuis quelques années des programmes de coopération internationale qui ont représenté cette année 200 millions de dollars, contre 85 millions en 2008. La Turquie voit son projet d'Expo comme un moyen, d'amplifier son influence dans le domaine de la santé. Pour le M. Toprak « l'Expo permettrait de renforcer notre contribution aux travaux de l'OMS et partager notre expérience de la santé avec le monde entier ».

Dans ce contexte, Izmir joue un rôle particulier. Berceau de la médecine occidentale, elle accueille aujourd'hui 5 facultés de médecines et, selon le Secrétaire Général du projet d'Expo, Dr. Ergüder Can, c'est une ville pilote pour toute la Turquie en matières de politiques de santé. C'est par exemple Izmir qui a inauguré le système du médecin traitant. Avec l'Expo, la ville espère faire d'Izmir un hub mondial de la santé. Sur les 600 ha de la région d'Inciralti où aurait lieu l'Expo, 400 seraient dédiés à la construction de 2 campus médicaux composés d'universités et de centres de recherches, ainsi que de nouveaux hôpitaux et centres de rééducation.

 

Le site de l'Expo, un espace de bien-être

Le projet de site vu du ciel

Le projet de site vu du ciel

L'Expo en elle-même aurait lieu sur 205 ha autour d'un lagon naturel entrecoupé aujourd'hui d'une route. Cette route serait utilisée comme un boulevard central faisant le tour de l'Expo, un second boulevard serait réalisé dans la forme d'une étoile, rappelant le symbole de l'Expo. D'après les organisateurs de l'Expo, le projet de site vise à améliorer la qualité de vie de la région d'Inciralti en se basant sur des principes de durabilité et d'écologie. Ainsi, comme pour le projet de Sao Paulo, l'accent sera mis sur la préservation de la nature environnante puisque de nombreux arbres entourent le lagon où vivent de nombreuses espèces d'oiseaux tels que des flamands roses. La production d'énergie solaire et géothermique contribuera aux besoins de l'Expo. Après l'Expo, le site sera converti en un parc public afin d'offrir au centre de santé un espace de relaxation et de bien-être.

Dans le site, Expo 2020 Izmir

Une vue du projet de site

Santé est Développement est Santé

Angelique Kidjo at Health for all symposium Expo 2020 Izmir

"Quand on est en bonne santé, on comprend mieux" Comme tous les intervenants du symposium sur la Santé pour tous, Angélique Kidjo, chanteuse béninoise et ambassadrice de bonne volonté de l'UNICEF, a voulu rappeler à l'assemblée présente que la santé est à la base du développement. Une population malade ne peut pas mettre autant d'énergie dans son travail et son économie qu'une population en bonne santé.

Or, bien que nous ayons gagné 30 ans d'espérance de vie durant les 60 dernières années, les inégalités persistent et un manque d'accès aux soins, une malnutrition chronique ou des conditions climatiques extrêmes sont de graves causes de mortalité et de maladies dans certaines régions du monde. A ces maux qui touchent sévèrement les zones les plus pauvres, s'ajoutent les fléaux amenés par le développement: obésité, tabagisme etc.

Un enjeu de gouvernance global
Pour Dr. Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l'OMS pour l'Europe, la santé est un droit précieux. Il appartient donc aux gouvernements de mettre en place les politiques publiques nécessaires pour le préserver, et à tous les Etats de travailler ensemble pour mutualiser les expériences et les ressources. « Aucun pays ne peut résoudre seul les enjeux liés à la santé » a-t-elle affirmé devant les délégués du BIE. L'ONU, avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement et leur agenda post 2015, et l'OMS avec son programme de santé 2020, visent à fixer des objectifs aux Etats et à construire un cadre d'intervention global. Les priorités fixées sont la prévention et la promotion de la santé. Il s'agit d'un enjeu sanitaire mais également économique puisque les soins coutent aujourd'hui 100 milliards de dollars par an. Le programme de l'OMS a déjà été approuvé par 53 pays et 12 sont déjà en train de s'y adapter. Dans ce contexte, une Expo Universelle, par sa nature, pourrait contribuer à cette coopération internationale en « facilitant le dialogue, l'action et l'innovation, au même moment et dans un même endroit » entre tous les acteurs du secteur, comme le rappelait le message du Secrétaire Général du BIE.

La nécessité de faire évoluer les habitudes
La gouvernance internationale et les politiques locales doivent oeuvrer pour améliorer l'accès à la santé. Elles doivent également être des leviers vers un mode de vie plus sain. Selon Dan Buettner, auteur de « Où vit-on le mieux et le plus longtemps », notre état de santé est déterminé à 25% par nos gênes, et donc à 75% par notre environnement et par nous-mêmes. En parcourant le monde il a découvert 5 endroits où la population connaît le plus grand nombre de centenaires : Ikaria en Grèce, 
Nicoya au Costa Rica, Okinawa au Japon, la Sardaigne en Italie et Loma Linda en Californie. Il ne s'agit pas d'enclaves dotées de puissances magiques, mais simplement d'endroits où la population fait quatre choses: elle bouge, elle prie (ou autre activité relaxante), elle mange sainement et elle sort entre amis. Dan Buettner a voulu transposer ce mode de vie aux Etats Unis. Dans un endroit où il est souvent plus facile et moins cher de manger gras et sucré les politiques publiques ont un rôle crucial à jouer pour rendre plus accessible les choix sains. C'est à Albert Lea, dans le Minnesota, que Buettner a commencé son expérience grâce à la coopération des dirigeants de la ville et de ses citoyens. En 18 mois, la ville a gagné 3 ans d'espérance de vie.

Des pas de géant avec l'innovation
L'inspiration peut donc venir de l'observation des best practices. Elle peut également venir de l'observation des problèmes. Pr. Joshua Silver, physicien, nous en apporte un exemple. Il est parti d'un constat simple : 3 milliards de personnes ont besoin de lunettes et 1,7 milliards de personnes ont des lunettes. Il ne s'agit pas d'un problème de mathématiques mais bien du fait que le système d'ophtalmologie mis en place dans les pays développés ne fonctionne pas dans de nombreux endroits du monde dû à l'absence de praticiens. Il a donc inventé des lunettes auto réglables à $1. 60 000 paires ont déjà trouvé un nez et Pr. Silver espère en atteindre 1 milliard d'ici 2020.
Dans un tout autre domaine, Bart de Witte, Chef des services de Santé CEE chez IBM, a développé un algorithme qui, ayant accès à toute l'information médicale disponible (livres, cas, rapports médicaux etc.) sur un sujet peut proposer un diagnostic au médecin. Aujourd'hui, il semble avoir un taux d'exactitude de 90%, contre 50% pour les médecins. Ce système a pour le moment été développé pour le cancer du poumon et du sein et en anglais. Pour Bart de Witte, « le futur de la santé sera intelligent ».

Le symposium sur la santé pour tous : de nombreux intervenants, un même message

Symposium on Health for all logo

 

Le 7 septembre, Izmir organisait son colloque sur la “Santé pour tous”, dernière étape dans sa campagne pour l’Expo 2020. Le colloque a été l’occasion pour la ville de présenter au BIE le caractère universel et essentiel de son thème ainsi que de démontrer l’importance de la ville d’Izmir dans l’histoire de la santé, de l’antiquité jusqu’à nos jours.

Comme Milan 2015 dont le thème est l’alimentation, Izmir a choisi un projet d’Expo qui contribuerait aux Objectifs du Millénaires pour le Développement et à l’agenda post-2015 de l’ONU. Le colloque sur la Santé a permis à Izmir de commencer à aborder de nombreuses problématiques en réunissant de nombreux experts autour de plateformes de discussion sur l’Education et la Santé publique,  la Coopération, l’Innovation et le Bien-être.

Etaient présents entre autres Dr. Mehmet Müezzinoğlu, Ministre de la Santé de Turquie, Dr. Zsuzsanna Jakab, Directrice régionale pour l'Europe de l'OMS, Dr. Kirsty Duncan, Prix Nobel de la Paix, le chirurgien Dr. Yaman Tokat, le physicien Joshua Silver, Dr. Serdar Çam, président de l’Agence Turque pour la Coopération et le Développement (TIKA), et bien d'autres. Ces différentes voix ont toutes œuvré pour faire passer un même message : la santé pour tous est à la base du progrès et cet objectif ne peut être atteint qu’avec des politiques publiques fortes et une coopération internationale solide.

Par son universalité, le thème d’Izmir fait écho au positionnement des Expos. Le message du Secrétaire Général du BIE lors de la cérémonie d’ouverture rappelait notamment « Le thème de la santé relève d’une grande importance pour le BIE, non seulement parce qu’il est un vecteur implicite de coopération, mais également parce qu’il reflète l’accent mis par les Expos sur la qualité de la vie. La Convention du BIE utilise le mot « progrès » pour définir le rôle des Expos. Aujourd’hui, progrès signifie de plus en plus « la poursuite d’une meilleure qualité de vie » (…) Le bien-être partagé est désormais au cœur de la mission pédagogique des Expos ».

Le thème de la Santé fait également écho à l’histoire de la ville et à son développement actuel. Comme l’ont rappelé Mustafa Toprak, Gouverneur d’Izmir et Dr. Mehmet Müezzinoğlu, Izmir, lieu de naissance d’Hippocrate et de Galien, a vu naître la médecine occidentale et accueille aujourd’hui de nombreuses universités et d’importants centres de santé. Avec l’Expo, la ville espère devenir un hub mondial de la santé. 

Le compte à rebours est lancé pour le colloque d’Izmir sur « La santé pour tous »

Une vue de la cité d'Ephèse, près d'Izmir

Troisième de la saison, Izmir organisera lundi 7 octobre son colloque sur « La santé pour tous. » Après Ekaterinburg et Sao Paulo, c'est maintenant au tour de la ville turque de convaincre les délégués du BIE de la pertinence de son projet.

Candidate à l'Expo 2015 face à Milan, Izmir a souhaité se présenter à nouveau pour l'Expo 2020 autour d'un thème qui lui tient à cœur : la santé. Cité de grande tradition historique, Izmir est le berceau de la médecine occidentale et est aujourd'hui réputée pour ses eaux thermales et ses centres de santé.

Pour les organisateurs de l'Expo, la santé est la condition première du bonheur et du bien-être. Il est donc nécessaire de créer une plateforme où tous les acteurs de la santé puissent échanger des solutions, tester leurs innovations et nouer de nouveaux partenariats.

A view of Izmir

Une vue d'Izmir

Pour commencer la réflexion sur le sujet, Izmir réunira Mustafa Toprak, Préfet d'Izmir et président du Conseil de Direction et Comité Exécutif du projet d'Expo, Dr. Mehmet Müezzinoğlu, Ministre de la Santé, Binali Yildririm, Ministre du transport, Dr. Zsuzsanna Jakab, Directrice régionale pour l'Europe de l'OMS, Angélique Kidjo, ambassadrice de bonne volonté de l'UNICEF et musicienne, Dr. Kirsty Duncan, Prix Nobel de la Paix, et bien d'autres.

Le colloque est la dernière étape du processus de candidature à une Expo Universelle. La saison sera clôturée fin octobre par Dubaï « Connecter les esprits, construire le futur ». Le vote pour l'Expo 2020 par les délégués du BIE aura lieu le 27 novembre à Paris lors de l'Assemblée Générale de l'organisation.