EXPO 1970 OSAKA

Catégorie
Exposition Universelle (Exposition de première catégorie)

Dates
15/03/1970 - 13/09/1970

Thème
Progrès humain dans l’Harmonie

Désignation Officielle
Exposition japonaise universelle et internationale Osaka 1970

Superficie (ha)
330

Visiteurs
64 218 770

Participants (Pays)
77


 

La première Exposition Universelle en Asie

Organisée du 15 mars au 13 septembre 1970, l’Expo 1970 Osaka, est la première Exposition Universelle à se dérouler au Japon et en Asie. Elle réunit 77 pays participants autour du thème « Progrès humain dans l’harmonie », et accueille 64 millions de visiteurs – des chiffres records qui resteront inégalés jusqu’à l’Exposition Universelle de Shanghai en 2010.

L’Exposition est enregistrée par le Bureau International des Expositions (BIE) au cours de son Assemblée Générale, le 14 septembre 1965, peu de temps après l’adhésion du Japon au Bureau International des Expositions (BIE). Le Japon en pleine croissance économique avait souhaité accueillir une Exposition Universelle promouvant la paix et la collaboration tout en présentant les progrès internationaux de la civilisation technologique et en répondant aux défis tels que ceux environnementaux ou sociaux.

Le thème de l’Exposition « Progrès humain dans l’harmonie » fut dès lors choisi dans cet objectif et ses quatre sous-thèmes incarnaient le souhait d’élaborer avec la communauté internationale, un projet holistique œuvrant à construire un avenir meilleur :

  • Pour une vie et une santé meilleures ;
  • Pour une meilleure utilisation des ressources naturelles ;
  • Pour une meilleure organisation de la vie ;
  • Pour une meilleure compréhension mutuelle.

Un site, incarnation des aspirations pour le futur

Étendu sur 330 hectares dans les collines de Senri, le site de l'Exposition a été planifié par Kenzo Tange et Uzo Nishiyama, deux personnalités clés du mouvement métaboliste japonais des années 1960, considérant les villes et les immeubles comme devant être adaptables et en constante évolution.

En écho à cette approche architecturale, le site fut conçu avec une colonne vertébrale centrale symbolisant le centre d'une ville du futur. Nommé la Zone du Symbole, cet axe d’un kilomètre de long et de 150 mètres de large, incluait la Place des Fêtes, la Tour du Soleil, le Pavillon du Thème et la Tour de l'Expo. Des trottoirs roulants permettaient alors aux visiteurs de se rendre de la Zone du Symbole vers les pavillons répartis le long du site.

A 70 mètres de hauteur, la Tour du Soleil de Taro Okamoto constituait la pièce emblématique du site incarnant le thème de l'Exposition. Cette Tour du Soleil fut imaginée avec quatre visages : l’éclatant “Soleil d’Or” tout au sommet, le “Visage solaire” à mi-hauteur, le “Soleil Noir”, un masque de flammes vertes tourné vers la Place des Fêtes, et le “Soleil Souterrain”, éclairant le “Monde du passé” situé au sous-sol de la Tour. A l’intérieur, “L’Arbre de Vie”, une sculpture de 41 mètres de haut, représentait l’“Énergie vitale” et l’évolution de la vie au travers de 292 modèles de formes de vie de la plus ancienne comme l’amibe, aux poissons et dinosaures pour arriver enfin à la forme humaine.

Rencontre avec le Japon traditionnel et le Japon moderne

Cent seize pavillons de pays participants, d’organisations internationales, d’autorités locales et d’entreprises étaient répartis le long du site de l’Exposition. S'étendant sur 37 791 m2, soit un dix millionième de la superficie totale du Japon, le Pavillon du Japon était le plus grand. Conçu tel le logo de l'Expo 1970 Osaka, le pavillon se composait de cinq bâtiments circulaires agencés pour représenter dans son ensemble un sakura (une fleur de cerisier), symbolique du Japon. Les cinq pétales représentaient le monde et ses cinq continents unis. Le thème du Pavillon - « Le Japon et les Japonais » - illustrait alors les aspirations passées, présentes et futures du Japon et des Japonais.

Les innovations et le développement technologique japonais étaient à l’honneur au sein de nombreux pavillons d'entreprises japonaises présentes. Le Pavillon du Groupe Fuji, avec sa structure pneumatique rappelant la bâche d’un charriot, hébergeait le tout premier IMAX au monde. Le pavillon Takara Beautilion incarnait le concept de modularité et d’impermanence de l’architecture alors que sous l’apparence d’une pagode traditionnelle de sept étages, le pavillon Furukawa, se montrait dans ses présentations résolument modernes et technologiques. Ainsi, y figuraient par exemple un robot à commande vocale, un système de paiement sans numéraire ou encore une galerie de musique (« Computer Music-Hall ») où un « compositeur électronique » avec son orgue électronique créait et jouait en direct de la « véritable » musique en fonction de la courte combinaison de son que le public pouvait lui donner.

La participation internationale

Avec 77 pays participants, l'Expo 1970 Osaka constituait une occasion unique pour le public japonais de « parcourir le monde » et de découvrir la culture, l'art et les réalisations des nations étrangères. Parmi les pavillons les plus populaires figuraient ceux de nombreux pays africains et asiatiques nouvellement indépendants, dont beaucoup participaient pour la première fois à une exposition universelle.

L’Expo 1970 Osaka était également une occasion extraordinaire pour des architectes du monde entier d’innover et d’expérimenter dans la présentation de leur vision du « futur » ; de nombreux pavillons y ont ainsi été reconnus pour leur ingénierie et design audacieux et avant-gardistes. Le pavillon du Brésil – avec son toit en béton, délicatement posé au sommet d’un paysage vallonné - est devenu une icône du brutalisme et a permis à la carrière de son architecte, Paulo Mendes da Rocha, de décoller. Le pavillon de la Suisse, « Structure Rayonnante » de Willi Walter, conçu comme une « plante » en aluminium et fer stylisée « rayonnait » tandis que le pavillon de l’Australie, conçu par James McCormick, semblait flotter au-dessus du sol avec son toit circulaire inspiré de « La Vague » de Hokusai tenant au bout d’un bras gigantesque d’une hauteur d'un immeuble de 10 étages.

Le pavillon des États-Unis, dont la structure sans pilier était rehaussée d’une membrane pneumatique sur un réseau de câbles d’une portée de 80 mètres, attirait les visiteurs avec son exposition du module lunaire et des roches rapportées par la mission Apollo 12 tandis que la « machine à regarder » des Pays-Bas, avec son environnement multimédia, plongeait le public dans un tourbillon d’images impressionnantes. 

La technologie et le développement urbain pour legs

Certaines des technologies exposées à l'Exposition ont été rapidement adoptées à travers le monde. Le téléphone portable - présenté et testé par les visiteurs au sein du pavillon NTT - ainsi que les célèbres toilettes japonaises « Washlet » avec son bidet intégré en sont quelques exemples. Le design expérimental de certains pavillons a inspiré architectes et concepteurs du monde entier. Ainsi, le Takara Beautillion du célèbre architecte Kisho Kurokawa conçu comme un pavillon modulaire inspirera quelques années plus tard le premier hôtel capsule du monde.

En outre, l'Exposition a contribué de manière significative au développement de la ville d'Osaka et de la région du Kansai. En amont et en préparation de l’Exposition, 110 kms de nouvelles routes ont été construits dans la région et les principales infrastructures modernisées dans toute la ville. Prenant en considération le fait que la ville du futur requerrait plus d'espaces verts et d'espaces ouverts, le site de l'Exposition fut transformé en parc commémoratif public où un musée y rappelle ce qu'était l'Exposition. La Tour du Soleil, symbole emblématique de l’Exposition, a rouvert ses portes en 2018. Pour marquer la célébration du 50e anniversaire de l’Expo 1970, elle fut reconnue comme bien culturel tangible du Japon en 2020.