EXPO 1947 PARIS

Catégorie
Exposition Spéciale

Dates
10/07/1947 - 15/08/1947

Thème
Habitation et Urbanisme

Désignation Officielle
Exposition Internationale de l’habitation et de l’urbanisme

Superficie (ha)
6,35

Participants (Pays)
14


Aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale, Paris accueillait au Grand Palais, du 10 juillet au 15 août 1947, l’Exposition Internationale de l’Urbanisme et l’Habitation, pour répondre aux difficultés de reconstruction et d’habitat.

Initialement prévue en 1945, l’Exposition fut reportée une première fois en 1946, puis annulée pour être finalement rétablie en avril 1947.

Quatorze pays dont la Belgique, le Danemark, la Grèce, l’Islande, l’Italie, le Mexique, la Pologne, la Suisse, l’Afrique du Sud, la Suède, la Tchécoslovaquie y prirent part. Les Etats-Unis d’Amérique, bien que présents à une préexposition un an auparavant, ne répondirent pas à l’appel en 1947, tout comme l’Union Soviétique et la Grande-Bretagne.

Organisée sous l’égide de Paul Breton, l’Exposition Internationale de l’Urbanisme et l’Habitation s’articulait selon cinq sous-thèmes : le problème national du logement, l’Urbanisme, l’Habitation, la Construction et l’Equipement de l’habitation, et l’Information.

Selon un aménagement créé par l’architecte André Hermant, chaque section nationale y présentait des projets architecturaux et d’aménagement, comprenant à la fois le groupement d’habitat ou l’habitat et son équipement avec l’introduction notamment des « meubles de série ». Les jardins, quant à eux, accueillaient entreprises et industriels français exposant bâtiments et maisons préfabriquées.

L’Exposition constituait un véritable tableau de l’ensemble des défis de l’urbanisme et de l’habitat dans le contexte de la reconstruction d’après-guerre, du modernisme et de la démocratisation.

La participation française présentait les défis et solutions mis en place avec une série d’appartements des « Immeubles d’Etat » en cours d’exécution dans diverses villes françaises, tels qu’ils seraient effectivement réalisés, mais aussi l’unité d’habitation de Marseille par Le Corbusier, les logements-types de ceux d’Auguste Perret pour le Havre, meublés par René Gabriel, les appartements de Pierre Sorel pour Boulogne-sur-Mer, aménagés par Jacques Dumond, les maisons préfabriquées de Pingusson ou encore les meubles de Marcel Gascoin exposés dans les logements de Marcel Lods conçus pour Sotteville-Lès-Rouen.

La Suède exposait des maisons préfabriquées en bois de Sven Ivar Lind, comportant des ameublements caractérisés par la qualité, le confort et la finesse et montrait au public les dernières réalisations de cités d’habitation et les principes mis en place en Suède en matière de composition des logements. La section belge comprenait, quant à elle, la reproduction d’un appartement de 5 pièces réalisé par Louis Herman De Koninck.

L’Italie, la Pologne, la Grèce et la Tchécoslovaquie proposaient des études sur les défis auxquels l’Europe était confrontée ainsi que les premières solutions envisagées par chacun.

Cette démonstration des solutions mises en place par chaque Etat permit aux architectes et urbanistes de confronter leurs études et expériences, et de dégager les méthodes qui seraient appliquées et développées dans le futur. En cela, l’Exposition Internationale d’Urbanisme et d’Habitation faisait écho aux échanges établis depuis 1928 lors des Congrès internationaux d'architecture moderne, promouvant l’architecture et l’urbanisme fonctionnels.

Après avoir organisé en 1905 une Exposition Universelle, la ville de Liège organisa une Exposition Spécialisée en 1939 afin de célébrer l’achèvement du canal Albert. Fruit de 10 années de travail, long de 122 km, il permettait désormais à la zone industrielle de Liège d’avoir un accès direct aux marchés d’Outre-Mer, en reliant la Meuse au port d’Anvers.
L’idée d’organiser une Exposition était née du mouvement du « Grand Liège » en 1936, lorsqu’un groupe de régionalistes wallons, dirigé par le député socialiste Georges Truffaut, décida d’attirer l’attention sur la ville de Liège et la région. Avant l’ouverture des portes de l’Expo, Truffaut confirmait d’ailleurs que l’Exposition ne constituait que le début du développement de la région wallonne.
Organisée autour du thème « la gestion de l’eau », l’Exposition visait à souligner l’importance de l’eau en tant que moyen essentiel à l’approvisionnement en énergie, au développement, et à la coopération.

L’Exposition

Le site de l’Expo, développé par l’architecte moderniste Georges Dedoyard, se situait sur les rives de la Meuse et faisait partie d’un projet d’urbanisme prenant en compte les aspects techniques, sociaux, et culturels de chacun des bâtiments. Le site était tel que le magazine français d’architecture «Architecture d’aujourd’hui » vantait la création de ce nouveau quartier et le qualifiait de « grandeur organisée ».
Répondant au thème de la gestion de l’eau, le site incluait un « théâtre de l’eau », dans lequel les visiteurs pouvaient admirer une cascade de 60 mètres éclairée, et un spectacle de jets d’eau atteignant jusqu’à 100 mètres de hauteur. Ce théâtre fut également le lieu de plusieurs compétitions sportives, telles que le water-polo et les joutes nautiques.
D’autres événements sportifs furent organisés; des activités aquatiques, comme la natation, le ski nautique, la natation synchronisée, et le nautisme ; et des activités terrestres telles que la boxe, le hockey, et l’escrime. Enfin, plusieurs démonstrations d’aquaplane, de vedette, et de régate furent proposées.
Comme pour les Expos précédentes organisées en Belgique, le site abritait son propre « village », avec son église, sa place publique, un mini train et plus de 30 brasseries. D’autres attractions étaient au rendez-vous ; notamment le « Lido », qui offrait un spectacle aquatique coloré, un parc à thème comprenant des divertissements nautiques, et un téléphérique traversant la Meuse.

La participation Internationale

Les différents pays participants – l’Allemagne, l’Egypte, la France, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, et la Suède – avaient chacun leur propre pavillon. Le pavillon de l’Allemagne, dessiné par l’architecte Emil Fahrenkamp, s’inspirait de celui réalisé par ce pays lors de l’Exposition universelle de Paris en 1937. Pour bâtir ce pavillon, les ouvriers faisaient le trajet depuis l’Allemagne tous les jours et l’ensemble du pavillon n’était construit qu’à partir de matériaux provenant directement d’Allemagne. Face au pavillon français, il traduisait également la tension politique de l’époque.

La fin prématurée de l’Expo

Alors que la fin de l’Expo était prévue en novembre 1939, l’Exposition dut fermer ses portes le 2 septembre en raison de la guerre qui se déclarait en Europe.
Une grande partie du site de l’Expo, connue aujourd’hui sous le nom de Droixhe, fut transformée par la suite en un espace de logements sociaux de la ville, la reconversion du site ayant été largement facilitée par le talent et la compétence des organisateurs de l’Expo qui avaient déjà conçu l’aménagement, les routes et les parcs.