EXPOSITION INTERNATIONALE ET
UNIVERSELLE DE BRUXELLES 1958

Extrait de « Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1958 – Les Arts, op.cit. » :

« Journée internationale de musique expérimentale

L'Exposition de Bruxelles, dans son panorama des arts et des techniques, a voulu faire le bilan de l'évolution actuelle du langage musical. S'il est un domaine artistique où l'évolution la plus récente montre l'influence grandissante de la technique, c'est bien celui de la musique. Par delà les rêveries futuristes, de nouveaux instruments sont nés au cours du dernier demi-siècle; depuis la fin de la guerre, la musique concrète et la musique électronique ont intéressé non seulement des techniciens, mais des musiciens créateurs. Des studios de travail sont apparus dans diverses villes : à la radio française à Paris, à la radio de Cologne, à la radio italienne à Milan, en Hollande, au Japon, aux Etats-Unis, etc…Partout de jeunes musiciens se sont fait artisans pour s'initier aux méthodes nouvelles et des œuvres importantes ont vu le jour. Certaines de ces œuvres respectent les genres traditionnels – musique de scène, musique de film, ballet, opéra, cantate et aussi musique pure ; il en est d'autres qui veulent imposer des nouveautés plus radicales, en renonçant aux habitudes des concerts avec tout le complexe social et esthétique qu'ils impliquent.

Expérimentale, cette musique l'est sans nul doute : ce n'est pourtant pas la recherche du scandale qui guide les efforts convergents de certains ingénieurs et de certains musiciens. Mais les expériences ont paru assez nombreuses et assez diverses, les résultats acquis assez probant pour qu'une confrontation parût possible et même qu'elle fût nécessaire.

Il y eut, grâce à la collaboration de divers studios de production, la présentation en concert des œuvres les plus significatives réalisées dans le domaine de la musique concrète et de l'électronique : notamment les œuvres de Pierre Schaeffer, le déjà célèbre Gesang der Jünglinge de K. Stockhausen, l'Omaggio a Joyce de L. Berio, des œuvres de H. Badings, etc.…On se souvient que parallèlement la foule s'est pressée pendant toute l'Exposition au pavillon Philips pour entendre la musique composée par Edgar Varèse pour le Poème électronique de Le Corbusier.

Il y eut aussi une soirée de ballets sur la musique concrète présentée par le Ballet-Théâtre de Paris et Béjart : et une séance consacrée aux utilisations des musiques nouvelles en radio et dans le film.

Les compositeurs les plus significatifs de la jeune génération ont été présentés au cours de ces Journées : %Pierre boulez, Karlheinz Stockhausen, Luigi Nono, Henri Pousseur, etc.… »